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Sa souffrance me semblait maintenant si proche, il me semblait maintenant si proche. Jamais je n'avais ressenti a quel point il était humain, ses traits trahissaient chacune de ses blessures et la vie qui l'habitait fuyait, silencieusement et lentement, mais sans aucune rémission possible. Et pourtant ce visage ne signifiait plus rien dorénavant, je ne voyais désormais plus qu'un homme seul, agonisant et triste, si triste. La courbure de son cou laissait entrevoir des veines à peine esquissées, comme autant de marbrures dans une roche fragile et sèche. Ses bras largement ouverts tels deux grandes ailes rachitiques faisaient l'effet d'un bien pitoyable pantin, ses jambes frêles et minces, semblables à de chimériques liens entre le ciel et la terre paraissaient ne jamais pouvoir porter un seul homme. Et pourtant, ceint de la couronne d'épine comme d'autres supportent le poids de terribles erreurs il avait guidé toute ma vie, et celles de tant d'autres.....

 

Mes doigts couraient le long du câble téléphonique autour de mon cou, je souriais tristement en repensant à toutes ces mises en garde et tous ces sermons. Ma vie avait définitivement perdu de son sens, il existait des choses, au delà des espaces et entre les espaces dont la simple évocation suffit à me faire défaillir. Ce soir mettra un terme à cette folie, et tout ce qui aurait du rester dans l'ombre retournera dans le néant primordial, d'ou , je l'espère, rien ni personne ne viendra l'en extraire à nouveau.......

 

Le père Legrand venait de nous quitter et ainsi j'obtenais un premier poste dans une petite bourgade  «St Hilaire  », cet endroit ne devait pas abriter plus de huits cent ames. Une partie de moi était soulagée de ne pas avoir de paroisse citadine, mais j'en ressentais une certaine culpabilité, en effet a quoi bon prêcher des convertis, je me faisais une certaine idée de mon rôle dans la sainte église catholique.

Les diatribes avec le père Nostrand n'en finissaient plus, je percevais assez mal les motivations des catholiques à ne pas vouloir faire connaître la félicité au plus grand nombre, comme si ce bonheur ne devait être reservé qu'aux seuls élus. je considérais que la béatitude devait être universelle, c'est un tel sentiment de plénitude et d'accomplissement que les plus grands bonheurs profanes ne sauraient être que le bruissement des feuilles dans une tempête.. Malgré tout je partais le cœur léger, servire en ce lieu me permettrait d'étudier plus amplement la théologie, et pour ça j'avais besoin de calme.

 

C'est dans ces dispositions que j'embarquais dans un TER a la gare de Lyon-Perrache pour un périple de 8h. Le voyage fut assez chaotique et dura près de deux heures supplémentaires. Alors que je sortais de la petite Gare provinciale et surannée de la bourgade de la Creuse, je fus envahi d'une étrange sensation que je ne saurais décrire, une sorte de déférence teinte de soulagement mais aussi d'appréhension. La sortie de la gare débouchait sur un espace vert ou régnait un étrange ordre que l'on osait pas déranger. En effet le temps ne semblait pas être passé ici, la nature apparaissait libre et immuable.les racines tournoyaient et ondulaient dans une danse hypnotique avec une pelouse clairsemée et disparate. Les arbres s'épanouissaient sauvagement et parraissaient dotés d'une volonté propre, partout la main mise de l'homme était plus diffuse que dans nul autre endroit que j'eusse visité.

La rue principale était constellée de nids de poules, et à divers endroits des pousses triomphaient d'un bitume terne et inégalement réparti.Le ciel lui même, du haut de sa quiétude, sculptait de baroques nuages ou blancs et noirs se juxtaposaient, s'épousaient et se repoussaient à la fois. Ils s'entrechoquaient violemment et ce silence parraissait soudain si surnaturel.Jamais je n'avais vécu ce chaos de cette manière, peut-être n'avais je jamais pris le temps de me laisser impregner par ces images....

 

« AH vous ètes le père Vérille je présume ! »

La voix forte et amicale me surprit. lorsque je me retournais, je vis un homme d'une trentaine d'années, dans un costume dont l'élegance n'excluait pas une touche de decontraction. Avenant et souriant, ses cheuveux courts et noirs donnaient à son visage rond un air bonhomme tranchant avec son maintient et son port altier. 

"Bertand Verille, et vous ètes ? "

"Excusez mon impolitesse, Nicolas Granger, conseiller municipal et accéssoirement employé des pompes funèbres"

 

Un sourire joviale déchira son visage alors qu'il sortit une cigarette en m'invitant à le suivre. L'étrange sensation que j'avais eu en arrivant ne me quittait pas, bien au contraire la traversée de ce village fut assez déconcertante. Je remarquais que de nombreux animaux érraient de ci de la, et ne semblaient nullement éffrayés par notre passage. Lapins et lièvres parraissaient chez eux au milieu de ces rues chaotiques.Les cieux étaient le refuge d'innombrables oiseaux qui en vagues souples formaient un ballet gracieux.nous marchames ce qui semblait etre une dizaine de minutes lorsque sa voix me surprit de nouveau

 

"Je sais ce que vous pensez, et non je ne sens pas le formol" dit il d'un ton proverbial.

"Ha nous y voila".

 

nous nous étions arreté devant une demeure sobre et simple, la façade avait besoin de travaux mais elle avait un charme authentique, travailler ici sera vraiment agréable. Il ne reste plus qu'a attendre les livres que j'avais commandé au diocèse.

  Les premiers jours défilèrent dans une grande quiétude, je reçus mes ouvrages rapidement et pu ainsi me livrer à l'étude des oeuvres Apocryphes. Lors de ma première visite de l'église je découvris un batiment qui si il datait très probalement de la première moitié du 20ème siècle tachait dans son architecture un improbable mariage entre la lourdeur romane et la légéreté gothique, il en resultait un grotesque ensemble touchant par sa sincérité et son innocence. Je n'avais pas voulu aller voir l'église avant mon premier office, je voulais de l'immédiateté dans ce que j'allais dire et quoi de mieux qu'un lieu inconnu parmis mes nouvelles ouailles pour ça.

le jour de ma première messe était enfin arrivé, j'avais tout préparé dans les moindres détails, j'eus quelque peu honte de moi lorsque je m'évoquais mes désirs d'improvisation et de naturel, encore une fois j'avais reculé, encore une fois je n'avais pu échapper à ce conformisme que je conspuais pourtant de toute mon âme. Je laissais ces questions génantes et pris la direction du lieu de culte, et à ma grande surprise une petite foule m'attendait deja. A mon arrivée le bourdonnement indistinct des paroles cessa rapidement et brutalement, au moins ces gens n'étaient pas si habitué que ça à la médisance. Et ça me rassurait quelque peu.

Quand j'entrai dans l'eglise je fus plongé dans une admiration perplexe , comme si je pouvais toucher du doigt un eclat   d'éternité. La nef était tapissée d'oeuvres religieuses au premier abord classiques , mais dont un second examen décelait les incongruités ; les spectateurs de ce chemin de croix avaient des visages aux traits bien trop irreguliers et grossiers et ce paradis semblait plus proche de l'enfer dans l'ambiance qui se degageait, trop de créatures blasphématoires a mes yeux l'habitaient. Et c'est avec une certaine angoisse que je commençais cette messe, mais après quelques temps comme investi de la divine béatitude je réussi a retrouver mon calme, après tout il ne s'agissait que de quelques tableaux. Je ne sais pas comment un si petit village a pu payer de telles oeuvres, voila une des nombreuses choses dont je devais discuter avec le maire,  pensais-je alors que je sortais négligemment de l'église.

 

"Mon père" m'apostropha une voix feminine douce. Je vis une jeune femme a l'orée de l'église, sa cheveulure noire formant une cascade agitée jusqu'a ses épaules. En contre jour je ne voyais que peu son visage mais je pus cependant lire une douceur dans ces traits.

 

"Excusez moi de vous importuner, mais je voudrais organiser mon mariage dans cette église" dit elle d'une voix assurée,  elle s'avança et je pus voir ses traits réguliers, doux mais charpentés dont les yeux fonçés semblaient voir a travers moi.

 

"bonjour...heu...oui a qui ai je l'honneur" ?

"Elise Mejded"

 

                                                                                                           ***

 

 

 

Le bleu intense du ciel était presque aveuglant. L'église semblait refléter toute la lumière du soleil, sa Rosace miroitante formant un creuset de couleurs chatoyantes. Ses vitraux, herault d'une clarté triomphante, distillaient leurs faveurs dans la vastitude. Membres nonchalants, ses arcboutants s'étendaient et se distendaient sous la complainte d'une brise légère, indolents et nobles . Ses murs rassurants se dressaient fièrement, opposant aux caresses diurnes leur vigueur et leur force. En fait cet édifice faisait songer à une créature fantasmagorique, manticore artificielle aux atours aguicheurs, il ne parvenait cependant pas à occulter sa gaucherie grotesque. En effet les parois, sous la couche de vernis, avaient commencé a se lézarder créant un motif secret ne dévoilant que ça et la quelques bribes de nudité. La rosace n'était qu'un ersatz, ses formes simplistes obturés par un mastic visible et inégalement réparti. Il ne restait que la moitié des vitraux, laissant presque toute la façade ouest s'orner d'aveugles planches de bois. L'entrée semblait trop petite; mal calibrée et en retrait elle créait un boyau rongé par les termites. Devant cette porte le père Verille attendait.

 

Une rumeur, faible. Puis se distinguèrent quelques voix au sein d'un ensemble de plusieurs dizaines, au bout de quelques minutes un cortège bigarré et tumultueux se fit jour sur la grandplace.

Pas moins d'une cinquantaine personnes s'étaient déplacé pour assister au mariage de [croquemort]

Je fit rapidement signe aux convives d'entrer. L'étroitesse de la seule issue obligeait cette foule a se compacter, haletant et suintant dans la chaleur déjà moite de cette fin de matinée. Au bout d'une quinzaine de minutes assez désagréables je put enfin commencer mon office. Les mariés étaient tout deux vêtu d'un blanc éclatant, le sobre smoking parfaitement taillé de [croquemort] contrastant avec la robe aux multiples voiles d'Elise. Son regard attendri caressait cet homme de timides et furtives attentions, alors qu' il se contentait pour sa part de fixer le chœur d'un œil ou l'émotion n'était pas absente. Nous y étions, le mariage me rendait toujours un peu heureux, je me disais qu'il fallait un certain courage pour se livrer complètement a l'autre, perdre tout contrôle. On dit souvent que nous, les prêtres, sommes mariés a dieu, mais la vérité c'est que le seigneur est a la fois beaucoup plus que ça et beaucoup moins que ça. Son amour est inconditionnel, mais nous sommes condamnés a errer sans la certitude de le satisfaire durant toute notre vie, et de ce point de vue les faveurs d'une femme sont plus parlantes.

 

Avec la soudaineté d'un orage se rependit une odeur; nauséabonde, humide et moisie. Les qualificatifs manquaient pour évoquer ce fumet mais jamais je n'avais ressenti pareille chose, je me sentais mal a l'aise, cela ne devait pas exister, cela n'avait pas sa place ici. Une panique tremblante émergea des convives, leurs regards inquiets se répondaient alors que certains commencèrent a se lever. Et cette étrange fragrance ne cessa de prendre de l'ampleur, elle emplissait maintenant tout mon être, évoquant des océans infectes et putrides, comme si la mort elle même se fut essence. Ce qui était le plus étonnant fut cette peur irrationnelle, glaciale qui s'emparait de moi. Je décidai non sans difficultés de prendre la parole alors que la panique d'une poigne affermi saisissait les invités les faisaient renverser leurs sièges et se lever précipitamment.

 

« Je...je.. vais aller voir si il n'y aurai pas...enfin..... »

Je n'eus pas le temps de prononcer un mot de plus que tous abandonnèrent ce lieu dans un désordre affolé, ils semblaient obéir à une peur profonde et intense. d'ailleurs je du lutter pour ne pas fuir, sans comprendre exactement pourquoi. Je m'engouffrai non sans efforts dans le déambulatoire quand je vis ce qui devait être la source de ce phénomène; et a ce moment je cru défaillir. Devant moi sur le sol suffoquaient trois créatures marines qui n'étaient pas tout a fait des poissons, ils ne ressemblaient a rien que je connaissais. Leurs écailles ne couvraient qu'une partie de leur corps laissant nu leur peau verdâtre et boursouflée, ils devaient mesurer dans les vingt centimètres, leurs yeux , ocres et bouffis me fixaient; j'avais l'impression de ressentir au plus profond de moi chacune de leur tentative pour respirer, et alors qu'ils se contorsionnaient devant moi dans une danse hideuse, je défailli.

 

 

Quand je revins a moi je gisais sur le sol du déambulatoire, une flaque d'eau boueuse me servant de couche. Je me levai précipitamment, tout paraissait irréel, l'odeur avait disparu, il n'y avait pas de créature marine, pas de peur, et tout reprenait sa place. Au fur et a mesure que je recouvrais pleinement conscience une terrible migraine s'abattit sur moi. L'echos de mes pas dans la demeure divine suffisait a envoyer un millier d'aiguilles à travers mon crane. Pendant que je débutais un semblant de rangement dans ce capharnaüm, je songeai a un détail qui me gênait terriblement, il n'y avait de traces des poissons nulle part, j'ai vraiment cherché de fond en comble mais rien, juste cette eau boueuse et curieusement salée. Je commençai a me demander si ils avaient bien existé ou si je ne fut pas victime d'hallucinations, après tout je travaillais beaucoup. Je décidais de remettre tout ceci a plus tard j'avais besoin de calme et de repos, ensuite j'étudierai le « cantique des cantique », oui, il m'était nécessaire de me perdre dans quelque chose de familier afin d'évacuer ce sentiment d'étrangeté qui ne me quittait plus depuis mon arrivée ici.

On avait conclu qu'il s'agissait d'une mauvaise blague de gosse, ce qui je pense ne convainquait personne, mais la capacité de l'être humain a s'aveugler pouvait être extraordinaire. Pour ma part j'étais persuadé qu'il s'agissait de quelque phénomène naturel inexpliqué, les animaux se sentant plutôt a leur aise dans cette ville des amphibiens seront rentré dans l'église et dans mon état de fatigue et de nervosité j'aurai paniqué. Malgré tout le mariage fut célébré à la mairie dans un calme surnaturel, et les époux me contactèrent pour organiser une nouvelle cérémonie dans quelques semaines. Deux jours plus tard je reçu la visite d'Elise.

 

« Je dois aller a confesse » me dit elle sans ambages. Sa confession fut brève.

 

 

 

                                            II

 

« oui faites moi confiance cela ne concerne que vous, le seigneur, et moi » dis-je a Elise en la raccompagnant a l'entrée de l'eglise. Le sourire qui l'illuminait s'estompa pour laisser la place a l'angoisse, et alors que son regard se hasardait dans le vide, elle dit:


« Il y a autre chose....plus jeune j'ai eu quelques troubles, et j'ai bien peur qu'ils soient revenu, j'ai tout essayé mais rien n'y fait je pense.......que je suis victime de quelque chose, quelque chose de surnaturel...pouvez vous m'aider? »

Je fus très décontenancé par cette demande incongru, de plus je ne croyais pas vraiment a ce genre de pratique, il s'agissait exactement des abus qui m'agaçaient dans l'église réformée. Toute cette agitation, tous ces prêches enflammés, la religion n'est pas une foire ni un spectacle. Aussi c'est avec un agacement certain que je lui répondis


« expliquez moi au moins ce qui vous arrive, même si je doute que Satan ne se manifeste, ici ,dans cette ville et par l'intermédiaire d'une jeune fille » Mon ton ironique ne lui échappa pas et un éclair de désespoir voila un court instant ses yeux.


« bien je vais essayer » . Nous retournâmes dans le confessionnal

« c'est arrivé la nuit de la mort de votre prédécesseur, j'ai fait un rêve étrange, très étrange. Depuis ce cauchemar me hante chaque nuit, le sommeil se dérobant obstinément » elle ne parvenait que difficilement à surmonter les sanglots qui l'étranglaient.

« Je suis seule, la nuit, dans une foret magnifique. Je suis nue, le temps est très doux et je me sens bien. Cet endroit grouille de vie et de couleurs, il est la vie. Puis j'entends un bêlement derrière moi, quand je me retourne je ne vois rien, d'ailleurs je ne reconnais plus rien, tout change si vite dans ce bois. Le bêlement se fait de plus en plus fort et strident, le son m'étourdit presque, mes oreilles se mettent à saigner. Le lieu se modifie de plus en plus rapidement, je vois des visages fugitifs se former dans les nœuds d'arbres séculaires, leurs racines sinuant sans cesse, torturant et déchirant l'humus. la plaintive sérénade devient progressivement un hurlement,un hurlement sans fin, de plus en plus long, de plus en plus fort, a tel point qu'on ne reconnaît plus une voix humaine mais quelque chose au delà de l'animal, au delà de l'homme. Je me retrouve dans le néant, autour de moi l'insondable noir ravit mes pensées et mes souvenirs, tous mes repères s'effacent, mes sens se confondent, ce que je vois je le ressens et l'entend également, tout devient si intense. En face de moi un agneau, il est totalement glabre et sur son visage un masque, un masque qui semble etre fait de peau humaine. Ses yeux sont ceux d'un homme qui souffre. Une étrange chaleur m'envahit, la rage monte en moi et je ressens pour la première fois de la haine, celle ci est pure, libératrice et me grandit. Je tiens un poignard dans ma main droite, quand je contemple ma main gauche je vois la tête sectionnée de l'agneau. Et toujours cette souffrance, ces yeux qui ne cessent de souffrir malgré la mort. J'abaisse les paupières mais je les voie encore.


Les quelques secondes silencieuses qui s'ensuivirent paressèrent une éternité. Elle fixait le sol d'un regard vide en jouant nerveusement avec la croix autour de son cou, il y avait dans son air quelque chose de si sincère ; j'étais sur qu'elle ne mentait pas.


« peut être que ce rêve paraissait réel mais les cauchemars récurrents sont un des symptômes de votre mal » je réalisai en même temps que je prononçais ces mots que je faisais une erreur, je n'aurais pas du lui parler de sa maladie.


« oh vous savez » me dit elle d'un air détaché «  je suis sur qu'il ne s'agit pas de ça, d'ailleurs j'ai avec moi quelque chose qui vous le prouvera, je n'ai pas tout dit........ »

Je remarquai maintenant le sac de sport sous son siège. Elle le saisit rapidement puis en sorti en textile blanc qui semblait être un drap. Et cette étoffe était maculée de sang, elle me regardait d'un air mélancolique quand elle me dit

« ce sang n'est pas le fruit de mon imagination, et la première nuit je me suis réveillé dans un bain de sang....je.....je sais que je n'ai rien a me reprocher mais...... »


Je restais interdit quelques secondes, avant de me rendre compte de ce que je voyais. « rangez ça dis je d'une voix étranglée »

« vous savez bien qu'il est parti de sa belle mort, quoi que vous pensiez vous n'avez rien a voir la dedans, et quand a ce sang il semble vraiment que quelqu'un ne veuille pas de votre mariage. Je crois que le ciel est étranger à vos affaires. Cependant tout ceci reste inquiétant, si vous etes venu a moi c'est que vous ne vouliez pas prévenir les autorités alors je vais respecter votre choix. Bon je vais vous dire ce que l'on va faire. Bien que je reste plus que circonspect sur une éventuelle implication du surnaturel je connais un prêtre familier de ces questions. »

Elle ne me quittait pas des yeux semblant chercher un appui dans mes paroles puis elle dit soulagée

« Merci de m'avoir écouté, je serais vraiment rassurée de voir quelqu'un a ce sujet vous comprenez, meme si cela vient de...de....enfin de moi » Elle se leva subitement, ses larmes échappant a mon regard avant de naitre.

 

                                                                   *  *  *

 

Quelques jours plus tard je contactais le père Nostrand, ce que je lu dans sa voix me terrifia, il débordait d'enthousiasme à l'idée que des phénomènes de cette nature se produisent. Que cherchait il à prouver ? Attendait il cela afin de montrer que sa lutte n'était pas vaine ? Je ressentais beaucoup d'égoisme dans cette façon de penser, après tout il ne m'avait posé que quelques questions rapides et polies sur cette pauvre femme. J'étais de plus en plus mal a l'aise et l'idée de demander une autre paroisse m'effleura le temps d'un souffle, alors que j'attendais mon confrère dans l'église. Le plus troublant étant sans nul doute que personne ne donnait l'impréssion d'avoir vecu quelque chose d'étonnant, au contraire la vie coulait paisiblement ; ce lieu était anesthesiant.

 

La petite gare de "St-Hilaire" appartenait a un autre siècle, son unique quai, produit de l'art nouveau de la belle époque fleurissait en arabesques et fresques végétales, son archaisme était presque rassurant, rappellant une époque ou les certitudes semblaient plus nombreuses et les doutes moins préponderant. Son petit hall de gare grisailleux et moribond était aujourd'hui l'hote d'un personnage singulier. En effet un homme en costume sombre attendait ; le regard fixé sur une horloge dont le mécanisme sétait tu depuis longtemps. Imposant et légerement vouté, son corps ne souhaitait que s'échapper de ces vetements trop sérrés, sa chair luttant afin de prendre une brassée d'air comme si la suffocation menaçait chaque parcelle de sa peau ou perlaient des gouttes de sueurs.Il avait un visage fort et rassurant, sa barbe touffue en bataille tranchait avec ses cheuveux coupés court et bien peignés.Ses grands yeux sombres étaient le siège d'une intrigante et déconcertante malice. Puis comme répondant à un appel silencieux le père Nostrand s'élança d'un pas pesant. Durant la traversée du bourg il se sentit immediatement a l'aise, ce foisonement de vie et cette nature triomphante emplissait son pieu coeur de joie, il avait toujours su que Dieu voulait l'entente entre l'homme et son milieu. C'est ainsi qu'il arriva rapidement devant l'eglise qui etant donné la taille du village ne fut pas difficile à trouver.

 

Trois coups retentirent et je devinai juste a leurs intervalles et a leur intensité la signature du père Nostrand, il était en avance et allait me le rappeller en usant de ses habituels jeux d'ésprit.

 

le lendemain eut lieu le premier entretien avec Elise, mon confrère sentit tout de suite la detresse qui emplissait la jeune femme et la fit sienne. Il s'agissait de la première étape de sa démarche, comprendre et surtout compatire, ainsi seulement il pouvait commencer à soigner. Plus je le voyais, plus je me disais qu'il pourrait aider ma paroissienne, après tout il s'agira d'un pieu mensonge, si croire que le diable est a l'origine de ses maux peut la soulager, alors peu importe. L'espace d'un instant je ressenti une insolite compassion, comme si de son bonheur dépendait autre chose, comme si une part de moi en dépendait.......

 

le jour de l'éxperience était fixé pour un dimanche après midi, outre le père Nostrand Elise et moi meme, son mari participerait aussi, la présence d'un proche aidant l'hote a se liberer. Nous étions réunis dans la demeure d'Elise, un interieur sobre et moderne qui recelait d'innombrables references artistiques pour l'oeil averti.

 

"bien, je vais vous expliquer comment ça va se passer, nous allons simplement nous assoire, prendre nos mains et faire le vide. Puis quand le temps sera venu, Elise reunira la force néçessaire pour expulser tout entitée étrangère, nous lui preterons main forte. Cette experience peut etre troublante mais ne craignez rien, ce que vous pourriez "voir" ne peut en aucun cas vous nuir"

Le silence de plomb qui suivit cette déclaration était bien plus éloquent que toutes les questions que les participants auraient pu poser. La peur, l'espoir, le doute, tous ces sentiments s'entremelaient alors que les mains se joignirent, puis seul le regulier cliquetis de l'horloge osait rompre le silence.

La plaine s'étend à l'infini, le vert éclatant de l'herbe faisant echo au bleu du ciel. puis je les vois, des corps nus, des dizaines, non des centaines de corps nus, ils semblent contempler quelque chose que je ne peux voir, au dela de l'horizon. leurs visages sont si sereins et apaisés, partout nul trace de malice ou de duperie, tout me parait si beau et si pur, chaque infime partie de ma peau se gorge de cette brise rafraichissante, de ce soleil revigorant et de ces effluves enchanteurs. La quiétude de cet endroit dépasse ce que l'imagination peut concevoir, je regarde autour de moi et je les vois, Elise, Abraham, Nicolas, je les vois comme jamais je ne les avais vu, il me semble les connaitre depuis toujours et avoir tout partagé avec eux; je les aime. Je sens la brise faiblir puis disparaitre, puis la temperature augmente, la chaleur douce devient génante. J'éssaye de parler mais il ne sort qu'un belement affolé de ma gorge, autour de moi les visages se modifient, s'étirant, se tordant et se convulsant dans d'étranges rictus, puis je remarque qu'ils portaient tous des masques, des masques de peau humaine, chacun ayant les traits de son voisin.Et tout ce qui était beau n'était en fait que laideur, la laideur de la nudité me frappa a cet instant, tout ces corps disgracieux et usés par le temps me rendaient malade. La chaleur devient vraiment etouffante, mes pattes sont liés, je suis attaché a une branche, on me porte quelque part.  A l'horizon je peux voir ce qu'ils contemplaient, un trone de fer est dressé. Construction asymetrique et bancale, nulle règle physique ne semble la concerner, elle ne peut exister dans ce monde, pourtant elle est la,  fruit d'un artisan ayant perdu la raison. cette construction m'observe, je décèle une conscience dans cette amas informe. Alors que j'approche de la cyclopéenne construction, je suis pris de violentes nausées et de vomissement . Une odeur répugnante se repand de cette endroit, la panique qui m'envahit est le prémice d'une peur ancestrale, cette meme peur qui .....

 

 

Le soufflu coupé je m'éveilllai, haletant et hagard, autour de moi je voyais de nombreuses silhouettes s'affairant. Puis le ciel se deroba de nouveau et je glissais dans les vapeurs de l'inconscience. A mon reveil j'étais dans ma chambre, il y avait Elise, le Pere Nostrand, nicolas.

" Ah vous vous reveillez enfin " fit le père Nostrand d'une voix angoissée

"Nous avons éssayé de contacter les secours mais une route bloquée les a empéché d'intervenir" rajouta t il

"Ho ce n'est pas la peine dis je en me levant, je ne comprends pas trop; que s'est il passé ?" dis je alors que la migraine lançait ses premiers assauts.

"Pendant notre experience alors que, nous....méditions... vous etes devenu agité puis vous vous etes levé, et la vous avez poussé un hurlement éffrayant avant de perdre connaissance" dit elise d'une voix tremblante.

"je t'avais dit que c'était une mauvaise idée ! " lança Nicolas d'un ton dur que je ne lui connaissais pas" viens, rentrons maintenant que nous savons qu'il va bien"

Elise me jeta un rapide regard puis parti a la suite de son mari. Quand j'aperçu le regard malicieux et perçant du Père Nostrand je sus qu'i lallait me le demander.

"Alors , qu'avez vous vu ? et n'omettez aucuns details, je suis maintenant presque certain qu'il faut soigner cette jeune femme et que ce ne sera pas facile."

 

 

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